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«Deviens ce que tu es. Fais ce que toi seul peux faire»
F Nietzsche
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Gazette de la coccinelle
L’application du coaching au quotidien
      N°  8 HIVER 2011 - 2
Sortir du sentiment de culpabilité
Je fais la distinction entre être coupable et se sentir coupable. « Être coupable » repose sur un fait objectif et relève des tribunaux ;  « se sentir coupable »,  procède d’un sentiment, et relève du thérapeute, du psy ou du coach.
Le sentiment de culpabilité, d’avoir « fait quelque chose de mal », nous vient sans doute de l’enfance, ce temps béni, où nous « faisions des bêtises », où nous nous faisions réprimander, gronder ou punir. L’aspect positif de ce sentiment,  c’est qu’il montre notre sens des responsabilités.
Nous avons grandi : nous faisons toujours des bêtises et certains d’entre nous pensent, comme lorsqu’ils étaient enfants,  qu’ils ont « mal » fait.
« Mal fait » par rapport à quoi ou à qui ? Comme ils sont adultes, et que leurs actions ne s’inscrivent pas dans des cas punis par la Loi, ils se « punissent » eux-mêmes  en se blâmant, en « culpabilisant ». Ce sentiment de culpabilité est à la fois la conséquence de ce manque de maturité  (émotionnelle) et la cause de désordres bien plus grands que le sentiment lui-même :  conviction que « je ne vaux rien », que « personne ne m’aime », que « quoi que je fasse, cela n’ira jamais », que   « ce que je fais n’a aucune valeur », que « tout est ma faute, puisque je ne fais que des bêtises », etc.
Pour sortir de ce sentiment de culpabilité, je vous propose 4 postulats en forme de  préliminaires, et une méthode de résolution en 4 questions, issue de ma pratique.
Les postulats :
1. Nous sommes des adultes responsables : nous sommes capables de prendre en charge les conséquences de nos actes ;
2. Dans notre vie quotidienne, il est très difficile de répertorier nos actions en  « bien » ou « mal »** : il y a des actions respectueuses du Droit, respectueuses d’autrui, plaisantes, efficaces, adaptées, judicieuses et d’autres qui ne le sont pas.
3. Sachons reconnaître et assumer nos valeurs : ce qui gouverne notre vie, ce qui lui donne du sens, ce qui nous motive.
4. Apprenons en toute circonstance à prendre position : c'est-à-dire à exprimer notre avis, notre opinion lorsque nous sommes concernés. Notre silence n’est pas toujours une acceptation tacite ; ce peut être une lâcheté et le doigt dans un engrenage mortifère pour notre conscience qui peut nous entraîner dans la culpabilité et/ou dans la victimisation.(voir Gazette de la Coccinelle n° 7)
Ces préliminaires adoptés, comment sortir du sentiment de culpabilité ?
En 4 étapes, au travers de 4 questions. L’exemple est tiré de ma pratique de coach. C’est une synthèse d’un travail sur  6 séances.
1. Qu’est-ce qui me fait me sentir coupable ?
Exemple : « je me sens coupable parce que, jeune mère de famille, je travaille et j’ai l’impression de ne pas être une bonne mère pour mes enfants de 4 et 6 ans, en leur consacrant trop peu de temps » ( le coach, partant de la réalité de son client, généralement demande : « trop peu de temps ? », « trop peu de
temps par rapport à quoi ? », « qu’est-ce qu’être une bonne mère » etc. .)
2. Quelle valeur est bafouée par cette situation ? (voir  je suis comme je suis d’Isabelle Nazare Aga éd de l’Homme), sur l’importance des Valeurs et des contre-valeurs)
Exemple : « il est important pour  moi de prendre soin de ma famille et en particulier de m’occuper de mes enfants »
3.  Comment puis-je satisfaire cette valeur, à partir de la situation décrite ? (Effectuer un mini « brainstorming », un déballage d’idées qui conduise à des solutions possibles)
Exemple : « 1 - j’arrête de travailler ; 2 – je travaille à mi-temps ; 3 – mon mari arrête de travailler ; 4 – je paye une nounou qui s’occupera d’eux le midi et le mercredi ; 5 – je leur consacre le mercredi, rien que pour eux : je demande à ma direction de faire ma semaine en 4 jours ; 6 – je ne fais rien : tout cela est dans ma tête.»
4. Que vais-je maintenant faire pour satisfaire cette valeur ET me sentir confortable dans cette situation ?
Le piège est qu’en satisfaisant une valeur, le sujet en malmène une autre, et c’est reparti pour la roue infernale du sentiment de culpabilité !
conseil : prendre le temps  de la réflexion….
Exemple : « financièrement, j’ai besoin de travailler et mon mari aussi ; j’élimine les solutions 1,2 et 3 ; la solution 4 me coûtera trop cher, je l’élimine aussi ; la solution 6 ne m’aidera pas, je me sens trop mal : il faut que j’agisse ;  j’adopte la solution 5 : je demande à faire ma semaine sur 4 jours. Comme la décision ne dépend pas de moi, si ma demande est refusée, je définirai avec les enfants, une activité pour chacun d’eux que nous ferons ensemble chaque semaine ;  je leur expliquerai, avec des termes simples, quelles sont mes contraintes professionnelles et combien je les aime ».
En faisant cela, et en prenant le temps de le faire,  ma cliente a appris à être responsable, à ne plus se culpabiliser, au moins sur ce sujet –là, et à savourer chaque instant passé avec ses enfants !
En guise de conclusion, je rappelle qu’ « à chacun ses responsabilités » :  nul ne peut être tenu pour entièrement responsable des difficultés des autres. Nous ne sommes responsables QUE de nos propres actes, pensées, jugements et paroles. Ce qui est déjà conséquent, alors sachons les assumer ! Avec le sourire !
MPS  octobre-décembre  2011
** : De mon point de vue de catholique, le Bien et le mal sont du domaine religieux, spirituel ; le Bien appartient à Dieu et découle du Décalogue (les Tables de la Loi que Dieu dicta à Moïse) et le mal est tout ce qui nous éloigne de Dieu et nous ramène au monde, c'est-à-dire à notre condition de mortel soumis au pêché originel, et dont la vie ici bas est consacrée à gagner notre Ciel. Ce sont mes convictions, que je n’impose à personne  et dont je témoigne.